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11 mars 2016

Les cris d'oiseaux

Les oiseaux piaillent, jacassent, roucoulent, caquettent, ... mais pas tous. Beaucoup de récits n'utilisent qu'un verbe ou deux, une manière de faire gazouiller à tort ceux qui glouglottent, trufflent ou cocardent. Bref, un début de référence pas si mal que cela - à recouper avec d'autres dictionnaires que ceux de l'auteur au cas où: Larousse et Robert.

Les cris d'oiseaux

... après cela, les intéressés se réjouiront peut être que l'on crétèle non loin.

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1 novembre 2015

Maison d'édition en détresse!

Défaut de paiement du distributeur, pré-paiement de commandes chez l'imprimeur ... la situation des éditions Voy'[el] n'est plus au beau fixe ; avec la menace de mettre la clé sous la porte.

Gérer une maison d'édition est un travail difficile, les crises sont multiples et certaines plus assassines que d'autres. Voy'[el], qui bataille pour sortir peu de titres par an mais avec une bonne qualité éditoriale (histoires qui sortent du lot, travail de mise en page, couvertures choisies, phase de correction intensive, etc...) est au bord du gouffre, celui qui a tué plus de mille maisons d'éditions les années précédentes.

Certes, la ME prend des risques avec ses projets "coup de coeur" ... elle aurait pu choisir d'éditer à la pelle des histoires tendancieuses, des manuels pour soigner ses animaux de compagnie, des "book" de cuisine ... parce que dans ces domaines on vend "en gros" ce que l'on imprime à minima (entre 300 et 500 exemplaires), et assez facilement. Or, la priorité de Voy'[el] n'a jamais été la fortune : c'est une ME tenue par des passionnés d'écriture, des passionnés d'histoires originales, de projets convainquants quitte à ne pas s'y retrouver.

À force, cependant, de ne pas s'y retrouver, on finit par laisser la clé sous la porte.

Je me permet donc de relayer un appel déjà diffusé sur d'autres blogs : allez voir le site de Voy'[el] et laissez-vous tenter par un titre : papier ou numérique. Ce geste l'aventure où le héros vient de se casser la jambe en plein désert et les secours n'ont pu être appelés faute de pile ... ou bien les secours arrivent mais en 2CV et il y a 250 km de dunes avant d'arriver, à vous de proposer une version de votre geste.

Pour Voy'[el], un grand merci par avance.

6 octobre 2015

E79 - "Un/une", "Le/la", "Ce/cette"

La plupart des jeunes écrits ne font que peu de différence entre "Il sauta sur la grille" et "il sauta sur une grille", on se rend pourtant compte, maintenant qu'on s'y intéresse qu'il y a une différence singulière entre l'emploi de "la" et celui de "une".

"la" désigne sans équivoque tandis que "une" retire de l'appartenance à l'objet du discours.

On peut ainsi enrichir un récit en jouant avec ces distinctions.

Exemple: "Il prit un bonbon caché dans la poche que lui avait donnée Samuel. C'était une poche de sucreries sur le thème de la fanfare, criblés de détails, ici une estrade, là des instruments de musique"

Changeons:

"Il prit le bonbon caché dans une poche que lui avait donnée Samuel. C'était une poche de sucreries sur le thème d'une fanfare, criblés de détails, ici l'estrade, là les instruments de musique"

Concernant "ce" et "cette", ils nous permettrons de mettre en valeur, d'illuminer un court instant l'objet. On aurait pu écrire par exemple : "... ici cette estrade, là ces instruments de musique" -> dans ce cas on voit notre personnage fouiller dans la poche, un enfant ne sachant de quel bonbon se saisir. Et si on écrit maintenant "Ici une estrade, là ces instruments de musique" on devine que l'estrade a vité été oubliée, remplacée par la vue des instruments de musique.

10 septembre 2015

E78 - Les sens du personnage

Une narration a tendance à oublier les personnages. Ce post se consacre a-minima aux sens du personnage et non à ceux du narrateur.

Prenons un exemple "Une odeur de fumée planait dans la pièce, sombre et froide, un parfum d'abandon que chahutait la brise engoufrée par un carreau cassé. On devinait ces murs de suie, ce sol poussiéreux ; les cahots de la circulation proche faisaient vibrer deux verres à pied collés l'un à l'autre sur la table de chevet : une unique pièce, un réduit, faisant office de cuisine, de salle de bain, de chambre à coucher, ... de débarras."

Dans ce passage notre personnage vient de pénétrer un nouveau lieu et quelques perceptions sont détaillées. Question : qui possède ces perceptions ? Réponse immédiate : le narrateur. En effet, rien dans ce passage ne lie le personnage au lieu. Cependant, on est en droit de croire que le personnage lui-même percoit ces informations.

Si maintenant nous savons que notre personnage est aveugle ou encore qu'il a perdu le sens du "goût", le ressenti de cette description change complètement.

Qu'en serait-il de : "Elle serra ses narines - une odeur de fumée planait dans la pièce - et réhaussa son col ; un lieu sombre et froid, un parfum d'abandon ..."

Dans ce cas plus de doutes, c'est bien le personnage qui percoit. Cependant, nous sommes obligés d'ajouter des informations de geste, de réflexes défensifs, pour atteindre notre personnage, montrer à quel point ses perceptions appellent une réaction de sa part.

Lorsqu'une telle scène se présente, surtout lorsque celle-ci peut révéler un aspect psychologique du personnage, il faut absolument faire l'effort de lui imposer ces perceptions. Laisser "dans le doute" ne saurait être employé que pour de bonnes raisons.

7 septembre 2015

E77 - Se donner un thème par chapitre

Écrire une histoire en la découpant par chapitres est une chose ; s'extirper du mouvement que votre écriture vous impose en est une autre.

Il faut aller plus loin. Un style uniforme - voire une absence de style - lassera le lecteur. Les phrases doivent offrir un véritable style, des tournures bien placées qui reflètent le fond.

Pour y arriver, rien de tel que de se donner un thème par chapitre. Certes, bien des successions de chapitres ressemblent plus à un découpage en séquence qu'à de véritables chapitres ... et on a du mal à se donner un thème pour quelques lignes si ces maigres passages n'atteignent pas la taille d'une page. C'est pourtant là que le véritable travail commence. Les phases de corrections viendront encore, mais il est primordial de varier le contenu et de coller à chaque chapitre une métaphore, un fil rouge, une perspective qui reflète une image en particulier.

Cette image peut ne pas être visuelle, ce peut être : le rythme d'une musique, un sentiment, un état d'esprit, une couleur, une question philosophique ... bref, une base sur laquelle greffer le contenu pour le faconner selon les critères de cette base.

Prenons un exemple : vous racontez l'histoire d'un astronome ; les scènes sont : les relations avec les autres physiciens, une nuit d'observations, l'annonce de restrictions de budget, un voyage hors des frontières, la perte d'emploi, etc ... on pourrait associer à ces scènes "relativement" les thèmes suivants : le groupe de travail, l'évasion, l'emprisonnement, la liberté, le déclin, etc ... en se fixant ces thèmes simples l'écriture en ressortira meilleure si son contenu s'y attache. On ne gèrera pas la rythmique des phrases et le choix des mots d'un thème "liberté" à la manière du thème "déclin".

Cette manière de procéder est fastidieuse au départ, on pense se lancer dans un essai, on est tentés de dérouler des citations d'auteurs, on voit mal comment enchaîner avec sa propre problématique, ... mais plus on pratique - c'est comme le vélo - et plus on y arrivera sans même y penser longuement. Il suffit de lire les auteurs en vue pour se rendre compte que ce point est au centre de leur écriture, ... à bien y réfléchir, il paraît même impossible qu'il ne s'y trouve pas.

Bonne plume !

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28 août 2015

Le parfum du moment

Ce titre enprunté à un livre de "Dany Laferrière" désigne ce qui fonctionne le mieux en matière d'édition en ce moment : le roman sentimental.

Voilà, jetez-vous sur les manuels d'écriture, absorbez ces techniques qui feront de vous le prochain auteur en vue de la galaxie A, des ruelles malfaisantes où Cupidon essaie de faire son boulot aux hémisphères de la gloire où trahison et discorde jouent le jeu des rois et des dames, voilà une littérature - Harlequin ne s'en plaindra pas - qui fonctionne tout simplement.

Quid de votre projet ? Quel qu'il soit, il semble navrant qu'il trouve preneur tant l'engouement est fort ces temps-ci. Dans d'autres pays comme l'Allemagne cependant la vague est passée ... en ce qui concerne le "fantastique" quoi qu'il en soit.

Sur ce point, en France, on s'arrache le peu disponible de ces romances fantastiques. Dieu qu'il est difficile de trouver un bon cru dans le tas ! Qu'un loup garou s'entiche d'une vampire ou qu'un ange tombe amoureux d'un chien à 4 têtes on trouve de tout ... à vous de déceler cette aiguille dans la botte de foin cosmique de la nébuleuse "scénario".

Un conseil (1) : ne faites pas compliqué.

Une bonne hsitoire sentimentale est toujours mièvre, nunuche, rose, et on sait que cela se terminera en happy end.

Mais alors, si c'est si nul que cela, pourquoi cela fonctionne-t-il ? Sur ce point, c'est au talent de l'auteur de faire la différence, même si bien souvent cette différence est extérieure à l'auteur : une couverture canon et un pitch bien enrobé suffiront à fasciner la plupart des acheteurs. Contents ou pas, ils l'auront au moins chippé sur les étagères des libraires et se consoleront certainement en cas de déception par quelques séances de parcs aux oiseaux, une nouvelle coupe de cheveux ou même une glace devant un thriller bon marché.

Un conseil (2) : trouvez un pitch qui ouvre l'infini des possibles, exemple : "En se réveillant ce matin, Y rencontre X ... juste le jour où il déménageait pour une autre ville bien loin de cet endroit." ou encore "K était un vampire, R en était certain ... mais alors, pourquoi l'avoir épargnée ce dernier soir ?" quand on sait que les V sont des bois sans soif en matière d'hémoglobine, difficile de croire à cette histoire et pourtant, Coppola l'aura mis en scène.

Un conseil (3) : multipliez les obstacles entre nos 2 tourtereaux. Faites les s'aimer, puis se détester, puis semez les graines de la réconciliation sur fond de conflits, d'impossible alliance ... l'amour triomphera toujours et c'est ce qu'il faut démontrer.

Bref, la romance fantastique a encore de beaux jours - question de pénurie et d'engouement - devant elle par chez nous, la romance tout court plus encore, comme dirait l'autre - vous y croyez ? - "on a besoin d'amour".

30 juillet 2015

J'ai mal à ma créa

Voilà, votre personnage principal attend le bus, vous parlez du mauvais temps, de son accès Internet bas de gamme et du chien qui passe de l'autre côté de la rue : c'est morbide, ennuyeux, au point que la créativité jette l'éponge.

Il y a de ces scènes où le personnage attend et où, étrangement, la créativité se met elle aussi en attente. C'est un phénomène tout ce qu'il y a de plus classique : l'auteur s'immerge dans sa création et, à la place de son personnage, il oublie être "le narrateur".

La créativité, on le dit souvent, doit s'abreuver, constamment, de tout ce qui passe pour le transformer et continuer d'être productive.

Cela dit, notre personnage qui attend, ce n'est pas attractif en soi. Pour se dégager d'une situation "neutre" ou "sans reliefs", il faut déjà éviter les lieux d'attente comme les arrêts de bus. Si ce n'est pas possible alors il va fallaoir "dynamiser" cette scène : on rencontre un autre personnage, notre héros balaie du regards les différents personnages utilitaires qu'on a placé sur sa route, il recoit un coup de fil, il se rend compte qu'il n'a pas un rond pour prendre le bus et va tenter de "gruger", un accident arrive dans la rue, etc...

La solution est donc simple : pour éviter que la créa se mette en pause, il faut qu'il se passe quelque chose. Enfermer son personnage dans ses pensées est intéressant - cela peut être une scène transitoire - mais peu efficace en soi, autant lui donner l'occasion de se poser à un moment où on sait exactement ce qu'on va révéler de ses pensées, mieux : il faut "préparer" ce moment où le personnage va se poser des questions.

14 juillet 2015

Résumé / Synopsis

À propos du synopsis, voir ce site-

on trouve cette définition:

C’est un court texte (une ou deux pages pour un court-métrage, entre cinq et dix pour un long métrage) qui résume l’intrigue du film, le déroulement de l’histoire. Il résume succinctement l’action qui se déroule dans les scènes, suggère quelques dialogues clés (mais en style indirect).

On parlera de synopsis détaillé lorsqu'on proposera un résumé de chaque chapitre. Un synopsois général se contentera sur une page de résumer non pas les chapitres mais toute l'histoire.

Voici pour exemple un site qui propose le résumé - entre autres - des chapitres des Harry Potter: Résumé livre I

C'est en lisant cela qu'on se rend compte à quel point l'adaptation cinématographique, si elle respecte en général le déroulement temporel d'une histoire, modifie par ses découpages sélectifs l'ordre apparent des scènes. Les films prennent des scènes longues, les purgent de quelques détails et les découpent de manière à les arranger pour "coller" à l'image que se fait le réalisateur de cette histoire. Ainsi donc, on aura au final quantité de flash-backs et de petites scènes difficiles à situer dans le temps ... si le livre propose par exemple 20 chapitres, on ne sera pas étonné de voir que le film en a produit une cinquantaine de scènes (50 étant à peu près le nombre d'or de scènes d'un film).

Soit un roman déjà écrit, écrire son synopsis détaillé permet d'en dresser la feuille de route, de montrer quels sont les points clés qui dirigent l'histoire. Le synopsis pour autant ne doit pas forcémment contenir tous les détails des chapitres, seulement les points clés.

Exemple de résumé: notre personnage traverse la rue, c'est la nuit, il fait une mauvaise rencontre.

-> cela suffit à écrire 30 pages. Les points clés sont la présence de notre personnage, le fait qu'il veuille traverser la rue et le fait qu'il y fasse une mauvaise rencontre. Pour autant, il n'y a pas que cela dans notre histoire à raconter : le personnage a des sentiments, des perceptions, des souvenirs, la rue ou la ville lui inspire des images, cette rue à traverser devient une épreuve pour des raisons que le chapitre expliquera ou pas (il vaudrait mieux quand même !), et puis vient cet ennemi qui accoste notre personnage, il s'ensuit des dialogues, une situation où notre personnage va se sentir peu à peu menacé voire enfermé, faudrait-il fuir ou affronter cet ennemi ? Attend-t-on des secours ? ... voilà, on se rend compte que ce synopsis est suffisant et pourtant, il ne contient qu'une maigre phrase.

Notre synopsis est-il "vendeur" pour autant ? Bonne question. Cela dépend de l'histoire. Si cette rue qu'on doit traverser est située dans une ville perchée à 2 km de haut et que la nuit des créatures étranges rôdent sur ces ponts suspendus et souvent mal entretenus - des cordes, des simples planches, des liannes les forment - alors la traversée d'une rue peut déjà évoquer quelque chose, pour autant que les résumés des chapitres précédents on fait mention de ces éléments.

En règle général, le synopsis doit faire mention des éléments clés et uniquement de ces éléments. Un synopsis qui dresse le résumé de 30 chapitres, s'il fait 2 pages et que le livre en fait 800, on se dira que l'histoire est très romancée. Si le syno fait 10 pages pour 15 chapitres et que le livre fait 100 pages, on se dira que c'est détaillé. C'est, à l'instar d'une recette de cuisine, une affaire de dosage.

5 juillet 2015

Que rapporte un livre de SFFF à compte d'éditeur ?

Faisons un calcul basé sur les données du post précédent, prenons les fourchettes hautes et basses :

[1] Livre format simple, 1 couverture illustrée, 250 pages, 300 exemplaires édités

-> Un livre coûte 3 euros à imprimer (=> 3 x 300 = 900 euros) + couverture à 400 euros = 1300 euros.

[2] Livre format cartonné, 1 couverture + illustrations intérieures, 300 exemplaires édités

-> Un livre coûte 8 euros à imprimer (=> 8 x 300 = 2400 euros) + couverture à 500 euros + illustrations intérieures pour 300 euros = 3200 euros.

Le prix de vente sera calculé selon : (prix total / nombre exemplaires) * 5 =>

Pour [1] cela fait (1300 / 300) * 5 = 21 euros (oups!)

Pour [2] cela fait (3200 / 300) * 5 = 53 euros (oups!)

 

Pourquoi "oups" ? Parce qu'un format simple de 250 pages se vendra entre 12 et 18 euros généralement. Et parce qu'un format cartonné se vendra généralement entre 22 et 28 euros.

=> dans ces 2 cas, on voit que l'éditeur doit rogner sur toutes les marges : 28% en moyenne pour [1], 47% en moyenne pour [2] !

Il faut aussi prendre en compte que ce prix affiché est TVA comprise, laquelle TVA sera ponctionnée par l'état en fin d'année, donc si vous avez vendu pour 10 000 euros nets de livres à la fin de l'année, l'état empochera 19,6% soit 1960 euros d'impôts.

Il faut aussi prendre en compte l'impôt sur les sociétés qui varie selon le chiffre d'affaires, environ 15% pour les PME, 33,33% pour les plus grosses, disons donc que l'état ponctionne encore 15%, soit 1500 euros sur ces 10K.

Notre ME qui a donc vendu pour 10 000 euros, se retrouve avec 10 000 - 1960 - 1500 = 6540 euros => pas de quoi salarier quelqu'un très longtemps.

 

Calcul global

Quel bénéfice brut est dégagé de la vente d'un livre :

Pour [1], il faut compter 18 - (1300 / 300) = 13,60 euros

Pour [2], il faut compter 25 - (3200 / 300) = 14,30 euros

 

Autre point, le distributeur (celui qui envoie les livres aux librairies) prend 10% de la vente d'un livre :

Pour [1], on a donc 16,60 - 1,8 = 14,80

Pour [2], on a donc 14,30 - 2,5 = 11,80

 

Autre point, la librairie qui vend le livre prend 15% du prix de vente :

Pour [1], on a donc 14,80 - 2,70 = 12,10

Pour [2], on a donc 11,80 - 3,75 = 8,05

 

Si on intègre donc les impôts (15%):

Pour [1], on a donc 12,10 - 2,70 = 9,40 euros

Pour [2], on a donc 8,05 - 3,75 = 4,30 euros

 

Si on intègre la TVA (19,6%):

Pour [1], on a donc 9,40 - 3,52 = 5,87 euros

Pour [2], on a donc 4,30 - 4,9 = -0,60 euros !

 

Il faut encore payer les auteurs (6%):

Pour [1], on a donc 5,87 - 1,08 = 4,79 euros

Pour [2], on a donc -0,60 - 4,9 = -5,50 euros

 

On conclut donc que le premier projet est viable mais le second ne l'est pas. Ensuite, si on veut se verser un salaire de 2000 euros par mois (ne considérons pas que l'état touche quelque chose là-dessus), combien de livres faut-il vendre?

Pour [1] => 2000 * 12 / 4,79 = 5010 exemplaires, autant dire un très bon chiffre. La plupart des livres se vendent entre 100 et 500 exemplaires par an.

=> Il faut donc au moins 10 titres pour "espérer" survivre, et encore c'est un calcul "très" optimiste.

Voilà, pour le projet [2], il faudra donc réduire le coût des illustrations et rester sur un prix haut. On trouve pour des formats cartonnés édités pour de bons auteurs (Jaworski par exemple) des pris de l'ordre de 36 euros le livre et 25 euros pour un pavé de SF.

Pourquoi les folio SF coûtent environ 10 euros -> parce que leur éditeur traduit ces livres en plusieurs langues et les expose dans de très nombreux points de vente (un petit éditeur expose dans environ 200 librairies partenaires, et encore ... pas tous ses titres)

Il faut aussi ajouter que ce qui ne se vend pas est renvoyé à l'éditeur, obligé de brader son stock pour en tirer le moins de "négatif" ou "passif" possible.

Donc, à la question des auteurs : pourquoi ne touche-t-on que 6%, ce calcul qui n'inclue pas encore toutes les sommes à retirer au prix du livre devrait déjà bien renseigner ... la ME que l'on accuse souvent de faire beaucoup de profits (si, si ! j'ai rencontré plusieurs auteurs auto-édités qui crachaient sur les profits exorbitants de la ME ...) est en fin de compte souvent perdante. C'est beaucoup de risque et beaucoup de travail pour survivre aujourd'hui.

En tant qu'auteur, si vous réussissez à vendre pour X euros de livres, sachez que l'état vous réclamera au moins le 1/3 de cette somme en impôts ...

Mais alors, est-ce la fin pour autant ? Non, il reste l'édition numérique, sur laquelle on retire les frais d'impression et les frais de diffusion. Si des plateformes comme Amazon ponctionnent 36% du prix du livre (oui, oui, plus du tiers juste pour assurer l'exposition du livre et sa vente ... c'est très cher!), d'autres plateformes prennent un peu moins et permettent de verser entre 40 et 60% du prix du livre à l'auteur, ce qui est déjà bien mieux pour lui.

5 juillet 2015

Conditions de soumission d'un texte

Le débat est houleux, cependant, il revient à la maison d'édition de les imposer. Certains voudront une fiche auteur, d'autres un résumé court, d'autres encore apprécient une accroche (pitch), enfin certains demandent un synopsis détaillé.

Dans tous les cas, lorsqu'on soumet un texte, la premiére réaction est : se rendre sur le site de la maison d'édition et dénicher la case "soumissions". Il ne paraît pas pensable qu'une maison d'édition se passe d'une telle information sur site, il en va de la qualité de ce qu'elle recoit et que cela représente 5 manuscrits par semaine ou 20 par jour ne change rien, des conditions de soumission existent. Leur rôle est de faciliter la tâche de lecture : un synopsis permettra par exemple de cerner le fond de l'histoire. Un synopsis détaillé (résumé par chapitre) permettra une lecture rapide du fond de l'oeuvre entière avec une bonne vue d'ensemble des enchainements...

Sachez que beaucoup de ME refusent un manuscrit au vu du non respect des conditions de soumission. En effet, beaucoup trop d'auteurs piochent tout simplement dans l'annuaire des ME et envoient leur texte, parfois un maigre résumé dans le corps du mail -> ces auteurs-là ne recevront la plupart du temps jamais de réponse quant à leur oeuvre.

-> Alors, avoir écrit un roman et le soumettre en 2 minutes sans même se demander qui est le receveur, ce qu'il édite, ce qu'il impose comme conditions de soumissions ... est un acte pris pour un manque d'intéressement à la ME elle-même.

Sachez qu'un livre à compte d'éditeur coute environ : on peut trouver plus cher, rarement moins :

- couverture entre 500 et 700 euros

- illustrations intérieures entre 200 et 500 euros

- impression de 200 à 300 livres : entre 2 et 3 euros pour un format basique, 8 euros pour un cartonné

=> une ME qui travaille avec un diffuseur et compte placer 200 exemplaires, s'en tire donc en moyenne pour 1200 euros sans garantie de résultat. La plupart des ME n'ont pas de membres salariés, seules les grosses maisons d'édition ou les ME à la demande (éditer sa biographie, tirer 10 exemplaires d'un album de mariage, etc...) peuvent se permettre de salarier des employés. Cette somme représente donc un risque financier, sans compter que le temps passé pour les phases de corrections et de gestion du livre consomment beaucoup de temps et d'énergie.

-> On comprend mieux pourquoi le non respect des conditions de soumission se traduise par un rejet pur et simple sans mail d'information -> vous ne respectez pas nos conditions, tant pis pour vous.

Certes, votre manuscrit est peut être le prochain Alfred Bester, Sophie Jomain ou J.K. Rowling ... mais alors dans ce cas, rien ne presse de se ruer sur toutes les ME disponibles, autant choisir celle qui correspond le mieux à votre projet et soumettre votre manuscrit en bonne et due forme.

Voir par exemple cette excellente page de blog (pourquoi ré-inventer la roue!):

http://romandefantasy.blogspot.de/2014/01/les-maisons-dedition-qui-recherchent.html

 

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